L'otage
franco-colombienne, Ingrid Bétancourt, ainsi que les trois otages Américains et onze militaires colombiens ont été libérés par l'armée colombienne.
Si comme une de mes collègues vous tombez des nues en l'apprenant ce matin, cela prouve:
1) que vous avez bien dormi
2) que vous ne suivez pas l'actu assez régulièrement
Petit rappel de la soirée d'hier:
22h42 : Le président George W. Bush a appelé son homologue colombien Alvaro Uribe pour le féliciter et le remercier après la libération, indique la Maison Blanche.
22h39 : Nicolas Sarkozy "vient de s'entretenir longuement avec le président colombien Uribe", annonce un responsable à l'Elysée".
Le plus étonnant a été la façon dont les médias français minimisent évidemment le rôle du président colombien Alvaro Uribe. Ainsi, alors que CNN passe sa conférence de presse,
et la traduit, TF1 lui casse du sucre sur le dos en parlant de ses problèmes électoraux et préfère faire le tour des personnalités politiques françaises (Voynet reprochant presque la libération
"violente" : on croit rêver) tandis que la France 2 s'entretient avec deux "spécialistes"...Néanmoins à 23h20, TF1 enfonce les FARC en parlant de narcoterrorisme, d'inhumanité, admet
que les 7 milliards de dollars donnés par les américains a payé, PPDA les compare même avec le Sentier Lumineux, et admet enfin que Chavez est "out"...
La réalité est plus complexe que cela...
Selon le déroulement de cette opération présenté par
le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos, l'armée avait infiltré depuis plusieurs mois des hommes parmi les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie
(Farc-marxistes) chargés de surveiller les otages. Ces derniers étaient parvenus à faire croire aux geôliers des Farc que des dirigeants de l'état-major des rebelles voulaient rencontrer les
otages et qu'il fallait dans cet objectif les regrouper.
L'autre partie de cette stratégie se trouvait dans l'attitude ferme voire agressive d'Uribe vis à vis des guerilleros...des frappes plus ou moins diplomatiques, contre Raul Reyes notamment. Mais,
personne ne va plus lui reprocher cette attaque en territoire étranger.
Alvaro Uribe veut conserver le pouvoir
Toujours est-il que ce premier "ballon d'oxygène" est tombé à point nommé pour un président colombien malmené par la Cour suprême: il a été établi que
certains députés ayant voté la réforme constitutionnelle lui permettant de se représenter aux élections présidentielles avaient été purement et simplement achetés. Or, dans les heures qui ont
suivi la libération des 11 otages, on apprenait (pas vraiment dans les médias français) que la Cour suprême cessait toute poursuite...Comme a dit un John Mc CAIN, admiratif: il est fortiche ce dirigeant colombien!












































Commentaires