Le géant américain des logiciels, Microsoft, a accepté de valoriser le site social à 15 milliards de dollars pour avoir le droit de prendre une miette de son capital. Quelles raisons se
cachent derrière cette activité commerciale?
Les tractations de Facebook avec les grands acteurs de l'Internet duraient depuis des semaines. Yahoo !, Google et Microsoft étaient sur les rangs pour entrer au capital de
Facebook, la nouvelle vedette de la Toile qui permet aux internautes de cultiver leur réseau de relations. Ce site de socialisation est devenu en quelques mois le sixième site le plus consulté au
monde. Aux dernières nouvelles, Facebook comptait près de 49 millions d'usagers inscrits
Finalement, Microsoft l'a emporté. Mais à l'issue de cette bataille de titans, Microsoft a accepté de débourser 240 millions de dollars pour seulement 1,6 % du capital de l'ex-start-up
fondée en 2004 par Mark Zuckerberg, un étudiant de Harvard. Une opération qui repousse encore un peu plus loin les limites de la bulle Internet. En effet, cette transaction
valorise Facebook 15 milliards de dollars (10,5 milliards d'euros) alors que cette entreprise de 300 salariés affiche un chiffre d'affaires qui ne dépasse pas les 150 millions de
dollars. Il y a deux ans, MySpace avait déjà créé la surprise lorsque NewsCorp l'avait racheté pour 580 millions de dollars. Une bagatelle à l'aune de Facebook.
Pourquoi cette soudaine montée de fièvre autour d'un site dit « social », alors qu'il en existe des dizaines d'autres ? Facebook suscite l'intérêt car il permet de
mettre en relation ses usagers avec tout ce qui les concerne : amis, familles, relations de travail, voyages, jeux, etc. « Facebook est un site unique qui regroupe tout ce que
les autres réseaux sociaux font de façon parcellaire », renchérit Bruno Walther, président d'OgilvyOne.
En ce sens, Facebook ouvre la voie à une nouvelle sorte de grand carrefour du Web. Il est possible de le comparer à un couteau suisse de l'ère numérique. Une prouesse technologique de
taille, car si vous êtes un utilisateur du service de stockage de photos Flicker, Facebook est totalement compatible et affiche vos photos directement dans votre page personnelle.
Cette fonction d'agrégateur marche pour presque tout les sites de l'Internet, comme les blogs, les messageries instantanées, les emails, et toutes les autres outils disponibles sur la toile
mondiale. Mieux, Facebook est le premier site grand public à proposer une approche innovante de ce qu'on appelle le Web 2.0. Il permet d'utiliser des milliers de petits programmes, appelés
« applications », qui enrichissent encore l'expérience des utilisateurs en démultipliant l'interactivité. En tout, Facebook propose plus de 5 000 applications. C'est donc toute votre vie virtuelle qui se retrouve ainsi concentrée sur Facebook. Ce qui ne va pas sans poser quelques questions, notamment sur le respect de la vie privée des
utilisateurs.
Cependant, souligne Bruno Walther, « Facebook est un des premiers sites de communauté sécurisé. Bien sûr, il existe toujours des failles. Mais ce site a été conçu à l'origine pour
permettre aux étudiants des universités américaines de se retrouver. L'inscription sur Facebook passait par une vérification de l'adresse email universitaire. » Depuis le début de cette
année, Facebook s'est ouvert au grand public.
Car l'autre raison du succès phénoménal de Facebook tient au potentiel publicitaire.
« C'est un outil extraordinaire de segmentation pour le marketing »,
confirme le président d'OgilvyOne. Et pour cause. Les

annonceurs peuvent connaître
précisément les goûts, les préférences et les codes de ralliement des inscrits. Les possibilités sont alors infinies pour les annonceurs et les publicitaires qui souhaitent communiquer sur
Facebook. Comme d'autres, le site a basé sa rentabilité sur ses recettes publicitaires.
« L'audience et la richesse des contenus en fait un outil d'une puissance très
importante », ajoute Bruno Walther.
Et l'intérêt de Microsoft pour le nouveau réseau branché n'a pas d'autre motif que de mettre la main sur cette mine d'informations commerciales.
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