Nous n'y étions pas. Non, nous n'étions pas les pavés à la main. Est-ce que c'était de notre faute? Non, nous n'étions pas sur les barricades simplement parce que nous n'étions pas nés. Nous, la génération des jeunes actifs de 2008 qui va devoir faire les frais de la génération qui était sur les barricades. Alors, plus encore que Dany Le Rouge ou autre, nous aurions bien droit à la révolte.
On nous dit passifs, complètement lobotomisés par la société de consommation, préoccupés par nos seuls petits intérêts alors que les jeunes de 1968 défendaient des IDEAUX.
Bien sûr, il faut reconnaître que la génération 2008 bénéficie des fruits des combats de la génération 1968:
- le droit à la contraception
- des relations profs-élèves moins corsetées
Si la France d'alors s'ennuyait, celle d'aujourd'hui angoisse. Les anti-avortements font des retours en force un peu partout en Europe, le système éducatif français part à volo et l'ascenseur social est plus que jamais bloqué. Au delà de ça, pour beaucoup de jeunes de 2008, mener des études dans de bonnes conditions n'est pas gagné d'avance, trouver un emploi dès la sortie de sa formation encore moins. Pour autant, nous construisons un monde plus solidaire: il n'y avait qu'à faire les centaines de travailleurs sans-papiers lors de la manif' du 1er mai à Paris. La génération 2008 est celle qui lutte contre les projets d'une droite dure: CPE, réforme des programmes scolaires, suppression des postes dans les lycées, université en décrépitude, immigration par quota et expulsion par charter.
Voilà pourquoi de nombreux soixante-huitard n'ont pas le droit de se gargariser de leur appartenance à cette période pleine d'IDEAUX. Aujourd'hui, et ne serait-ce que par l'allongement du temps de cotisation nécessaire à une retraite à taux plein, nous sommes confrontés à une réalité que des idéaux n'ont pas empêché de devenir ni dure ni sans pitié.
Alors, par pitié justement, les médias, où règnent les soixante-huitards, pourraient-ils nous épargner de flash back larmoyants sur les héros illustres ou inconnus de cette époque? Mai 68 fait à coup sur partie de l'histoire de France, mais est-ce qu'auto-célébrer un anniversaire a du sens, dans une société qui se rigidifie de plus en plus?








































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