Hier, Patrick de Carolis, président de France Télévisions, a
tenté le tout pour le tout à l’Assemblée nationale, devant les membres de la commission des finances et celle des affaires culturelles. Et il s’est fait sèchement recevoir par des députés
manifestement décidés à se le payer. Carolis a eu beau exhiber son direct à 20 h 50 depuis les Chorégies d’Orange cet été, il a eu beau dauber sur TF1 et ses Experts («Le mieux
disant culturel, c’est à New-York, Miami ou Los Angeles qu’il faut aller le chercher»), rien à faire. Ça maugréait sec parmi les députés. Députés à l'origine de l'offensive....
éléments de débat: faut-il de la publicité pour une meilleure qualité des programmes proposés par France Televisions? http://www.dailymotion.com/video/x1ovn9_la-pub-sur-france-televisions_ads
Carolis s’est vu reprocher tout et aussi n’importe quoi :
-les économies insuffisantes («Faudrait peut-être en trouver plus»),
-le rachat des droits du magazine de foot pour 24 millions d’euros,
-le prétendu dumping publicitaire pratiqué par France Télévisions,
-la disparition d’ Arrêt sur images,
-l’absence de Coupe du monde de rugby sur les antennes publiques
-le fait de n’avoir pas acheté le championnat du monde de ski de 2009 (remarque, rien n'est prêt à Val d'isère)
«Je vois des doutes sur les visages, a euphémisé,
face aux députés, l’UMP Pierre Méhaignerie qui présidait, quant à une meilleure productivité et une meilleure gestion».
Les commanditaires de ce passage à tabac ? Ses gentils camarades, notamment les patrons de TF1 et de M6, Nonce Paolini et Nicolas de Tavernost, qui ont pratiqué auprès de la représentation
nationale un intense lobbying.
Pourtant, fin août, lors de la conférence de rentrée de France
Télévisions entièrement axée sur sa demande de rallonge, Carolis semblait confiant. Au cours d’un été ponctué de rendez-vous avec l’Etat actionnaire, Carolis pensait avoir convaincu du bien-fondé
de sa revendication : des SOUS pour le service public, confronté - comme les autres grandes chaînes - à la baisse de ses audiences écornées par la TNT. Les solutions : une hausse de la
redevance ou l’autorisation d’une coupure pub dans les jeux et divertissements.
Le coup est rude pour Carolis et déjà, à France Télévisions, certains ne donnent pas cher de sa peau, «mais encore faudrait-il que Sarkozy ait un remplaçant crédible» se murmure t-il.























C’est pour Sarkozy l’occasion
de jouer à l’homme fort et d’exiger, sur un ton mélodramatique de circonstance, le durcissement de la législation. Or ce tapage ne témoigne que d’une hyperactivité aveugle. Les lois
françaises contre la pédophilie ont déjà été durcies de nombreuses fois au cours des dernières années, sans que cela empêche des actes odieux comme celui qui vient de se produire. Aussi
draconiennes soient-elle, les peines de sûreté ne permettront jamais d’exclure complètement de tels crimes. S’il s’était penché sérieusement sur la question, Sarkozy aurait vu que la loi
française prévoit déjà de lourdes peines pour de tels actes, et que le problème réside dans son application. La politique de Sarkozy n’est ni judicieuse ni prévoyante. C’est une politique de
l’esbroufe. Sinon, pourquoi la première chose qu’ait faite le président, à son retour de vacances, a-t-elle été de recevoir le père et le grand-père de l’enfant à l’Elysée ? Cela pourrait
passer pour de la compassion. Mais la réalité, c’est qu’il les a instrumentalisés pour jouer de leur émotion. Ce qui témoigne d’un manque de tact certain.

"Sarkozy irrite les Européens"
Pour faire coup double en lançant une
candidature française et en privant le PS d'un de ses poids lourds, la droite fait circuler les noms des ex-ministres des finances socialistes Laurent Fabius et
Dominique Strauss-Kahn. "Ces noms sont intéressants. Un bon ministre des finances, c'est bien. A ma connaissance, ils ne sont pas indifférents", indique M. Guéant. La
prudence est très grande au PS, où l'on craint une nouvelle manœuvre de déstabilisation. "Le sujet n'a jamais été abordé et aucune proposition ne m'a été faite", a fait savoir vendredi
M. Fabius, qui devait être reçu une seconde fois par Nicolas Sarkozy dans l'après-midi, sur l'Europe.
M. Fabius
avait caressé la tentation de briguer la direction générale du FMI en 2000 avant de revenir dans la politique. Il a pour handicap d'avoir voté non à la Constitution européenne ce qui
compliquerait son soutien par les capitales européennes. La candidature de M. Strauss-Kahn, qui se trouvait à l'étranger vendredi 6 juillet matin et n'a pu être joint, serait plus consensuelle en
Europe. "C'est une rumeur surréaliste et sans doute mal intentionnée qui vise à déstabiliser le PS", déclare son bras droit Jean-Christophe Cambadélis.



























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